www.noocultures.info - Pour la deuxième année consécutive, Cotonou accueille les professionnels des arts et artistes de divers horizons pour le Festival international des arts du Bénin (FInAB), du 23 au 28 avril 2024. Pour le promoteur, Ulrich Ajdjovi rencontré à Abidjan en Côte d'Ivoire, l'objectif est de faire de la capitale économique, un pôle incontournable …
Arts : quand Cotonou se positionne comme une plateforme africaine d’expression et de vente
www.noocultures.info – Pour la deuxième année consécutive, Cotonou accueille les professionnels des arts et artistes de divers horizons pour le Festival international des arts du Bénin (FInAB), du 23 au 28 avril 2024. Pour le promoteur, Ulrich Ajdjovi rencontré à Abidjan en Côte d’Ivoire, l’objectif est de faire de la capitale économique, un pôle incontournable des arts en Afrique.
Mory TOURÉ : Après la réussite de la première édition du FInAB, qui a été un véritable coup de maître, la pression est maintenant sur vous pour cette nouvelle édition qui se profile à l’horizon. À quoi les férus de musique peuvent-ils s’attendre lors de cette nouvelle édition du FINAB 2024 ?
Ulrich ADJOVI : Le FInAB est organisé par une équipe de passionnés d’art. Cette année, comme nous l’avons appris l’an dernier, nous sommes aujourd’hui au Masa (Marché des arts du spectacle d’Abidjan, 13 au 20 avril 2024) pour observer le déroulement des festivals des aînés. Nous avons beaucoup appris ici et nous comptons organiser quelque chose de grand, de très grand pour l’édition 2024 du FInAB. Venez nous voir, ce sera vraiment formidable.
Nous avons vraiment envie d’être entourés de cette multiplicité culturelle pour faire du Bénin une véritable plateforme de la diversité et de l’art.
Le contenu pluridisciplinaire du FInAB a été une belle vitrine de la richesse et de la vitalité tant chez les artisans, les créateurs que les acteurs. Peut-on dire que vous allez respecter cet élan et que vous serez dans une suite logique ?
La suite logique est établie. Donc, cette année, nous aurons également cette manifestation. Cette fois-ci, nous avons choisi de nombreux experts qui viendront échanger avec les experts béninois et africains résidant au Bénin, afin de créer cette diversité culturelle que nous souhaitons promouvoir. C’est l’amour des peuples qui donne vie aux arts. Nous avons vraiment envie d’être entourés de cette multiplicité culturelle pour faire du Bénin une véritable plateforme de la diversité et de l’art.
Cette année, nous avons invité plusieurs personnalités éminentes, telles que Mamou Daffé du festival sur le Niger, à Ségou au niveau. Nous avons également convié plusieurs festivals comme le Masa, les Rema (Rencontres musicales africaines à Ouagadougou au Burkina Faso, ndlr) et le Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo, ndlr). Ainsi, nous accueillerons de nombreux invités qui viendront apporter leur bénédiction à ce jeune événement naissant, dont nous sommes fiers.
On sait souvent qu’un festival rime avec une thématique qui en est la colonne vertébrale. Cette année, quelle sera concrètement l’approche de cette thématique ?
Cette année, nous sommes toujours dans la dynamique de l’échange entre les arts. Comment l’humour s’imbrique-t-il dans l’art plastique, comment le plasticien s’imbrique-t-il dans la littérature ? Donc, cette année, nous ne nous concentrons pas sur un seul art, mais nous essayons de créer de la mixité pour voir comment construire un écosystème rentable afin que les artistes puissent profiter et vivre de leur art.
Le FInAB est une plateforme d’expression et de vente. C’est un événement qui permet aux artistes de pouvoir vivre de leur art. Donc, nous créons une plateforme pendant une semaine au Bénin pour venir découvrir la richesse culturelle du Bénin et de l’Afrique. Ainsi, si vous choisissez de venir en vacances au Bénin, la période du FInAB vous permettra de voir toute une diversité artistique africaine au Bénin.
On sait que la programmation est l’élément clé dans l’attrait d’un festival. Vous avez même lancé un appel à candidatures qui a reçu un écho favorable. Qu’est-ce que le public peut donc s’attendre à voir dans la programmation musicale du FInAB 2024 ?
C’est ça pour nous. Nous sommes au Masa. J’ai vu la présentation artistique. J’ai trouvé cela extraordinaire, mais 99% des artistes que j’ai vus sur le plateau sont des artistes ivoiriens. Chez nous, au Bénin, cette année, nous avons envie de donner de la valeur aux artistes béninois et de leur permettre d’avoir cette plateforme d’expression. Nous avons également invité de nombreux artistes qui ont participé aux différents appels qui viendront, afin que ce mélange, ce métissage de nos arts soit réalisé. Ainsi, nous aurons de nombreux artistes béninois, mais aussi des artistes togolais, ivoiriens, burkinabés, maliens et sénégalais. Nous aurons de nombreux artistes qui seront là, ce sera une véritable fête de la musique africaine.
J’aimerais que le Bénin puisse également être fier d’inviter des artistes du Maroc et de plusieurs autres pays, afin de créer une véritable fête africaine au Bénin.
Comment converger les décideurs politiques, les partenaires, les sponsors et les autres acteurs à l’importance de la culture en tant que levier économique vital ?
Je demande aux partenaires, aux politiques, aux hommes d’affaires de s’intéresser davantage à l’art et de donner plus de valeur à ce que nous faisons. Moi, je suis heureux de participer à cette dynamique de visibilité de l’art africain, de l’art béninois. Vous voyez mes amis qui sont fiers d’aller au Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, ndlr), d’être invités au Masa, au Femua et à Visa for Music au Maroc ? J’aimerais que le Bénin puisse également être fier d’inviter des artistes du Maroc et de plusieurs autres pays, afin de créer une véritable fête africaine au Bénin.

C’est là ma motivation, créer une plateforme d’expression pour que les artistes puissent vivre de leur art. J’insiste sur ce point car on remarque que de nombreux artistes africains n’arrivent pas à vendre leurs œuvres. Quand tu n’arrives pas à vendre, malgré ton génie et ton potentiel, tu ne peux pas vivre de tes œuvres. C’est pour cette raison que nous avons créé le FInAB, un marché de vente où les invités sont des personnes capables d’acheter les œuvres de nos artistes. C’est là notre principal objectif.
À quelques jours de l’ouverture de votre festival, quel est votre message à l’entame de cette nouvelle édition du FInAB 2024 ?
Alors, je pense que ceux qui n’ont pas pu venir lors de la première édition, il y en a beaucoup qui nous ont écrit pour exprimer leurs regrets. Nous ne voulons pas oublier nos premiers participants, ceux qui sont venus lors de la première édition.
Cette année, nous invitons à nouveau tout le monde, les Béninois sont attendus en nombre, car l’événement se déroule au Bénin. Les Africains, en particulier ceux de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine, ndlr) et de la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ndlr), ainsi que l’ensemble du continent africain, et même le monde entier, viendront découvrir la diversité culturelle africaine au Bénin. Le FInAB se tiendra du 23 au 28 août 2024 au Bénin, au Palais des Congrès des Cotonou.
Interview réalisée à Abidjan, par Mory TOURÉ, en marge de la 13e édition du Marché des arts du spectacle d’Afrique (Masa) – Titre et Chapo par la rédaction de noocultures.info






