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Colloque des JTC 2024 : quelle représentation théâtrale du ‘’génocide’’ de Gaza…

www.noocultures.info – Le colloque scientifique des 25e Journées Théâtrales de Carthage (JTC) a débuté ce lundi 25 novembre 2024 à l’Hôtel Africa à Tunis, autour du thème : « Théâtre, génocide et résistance : vers un nouvel horizon humaniste ».
Ces assises réunissent des universitaires de divers pays qui, face à la situation de guerre à Gaza, tentent de situer la position des professionnels du 4e art et soulèvent une question fondamentale : quelle action et quelle perspective ? La première séance dirigée par Dr Mohamed Médiouni a réuni sur une même table, Dr Naoufel Hanafi (Tunise), Inès Zargayouna (Tunisie) et Dr Najwa Kondkji (Jordanie).
Inès Zargayouna (la seule qui s’est exprimée en français, les autres l’ayant fait en arabe) a porté sa réflexion sur : « Représenter le génocide de Gaza sur scène en Tunisie : quelle éthique pour quelle déontologie ? ». Autrement dit, elle a construit son argumentaire autour de l’axe de la représentation théâtrale du génocide et son aboutissement scénique dans un pays où les autorités étatiques n’ont pas formellement reconnu les évènements de Gaza comme un génocide.
Citant Aristote dans « Ethique à Nicomaque », Inès admet avec lui que « Le juste milieu est la meilleure vertu, entre excès et manque ». Ce qui soulève, selon elle, la responsabilité du metteur en scène. « Une représentation d’un génocide impliquerait de mettre en avant la vérité », note-t-elle. De ce fait, souligne l’universitaire, le metteur en scène doit prendre une distance temporelle par rapport aux faits, éviter de tomber dans le passionnel, les excès. Pour Inès Zargayouna, « le théâtre, en tant qu’art engagé, doit trouver un équilibre entre le respect des principes éthiques, l’impact recherché sur le public et la responsabilité de ceux qui le créent ».
En deuxième partie, évoquant la déontologique, l’auteure relève que « Le théâtre a une fonction sociale, celle d’agir dans sa société ». Elle invite donc les metteurs en scène tunisiens à parler de la situation de Gaza au sein de leur société pour impacter réellement. « Nous appartenons avec la Palestine, à la même ethnie, à la même culture, et nous sommes confrontés à un dilemme : se sentir concerner sans pouvoir agir », regrette-t-elle.
En somme, le colloque vise à faire changer les points de vue. Essayer, à partir de la scène, de sortir de cette impuissance apparente. Arriver à ouvrir des possibilités d’action. Il s’agit donc de faire du théâtre « un espace de dialogue où la souffrance peut se transformer en espoir », conclut Inès Zargayouna. Le colloque se poursuit jusqu’au mercredi avec d’éminents intervenants qui viennent du monde entier.
Amadou SANOU (Côte d’Ivoire), Envoyé spécial à Tunis ©www.noocultures.info








