Critique et photographie : un dialogue essentiel pour la reconnaissance des artistes

En formant des journalistes culturels à la critique photographique, le projet « Écrire sur la photographie » entend renforcer le dialogue entre les photographes et le public, contribuant ainsi à la valorisation de cet art.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime …

www.noocultures.info – Malgré son importance, la photographie africaine souffre d’un manque de reconnaissance en tant qu’art à part entière. En formant des journalistes culturels à la critique photographique, le projet « Écrire sur la photographie » entend renforcer le dialogue entre les photographes et le public, contribuant ainsi à la valorisation de cet art.

Initié par le Réseau Critiques Africaines de l’Association NORD OUEST CULTURES et le Réseau des Journalistes Culturels Francophones d’Afrique de l’Ouest (RJCFAO), le projet « Écrire sur la photographie » vise à combler le déficit de critique et le manque d’écrits sur la photographie en Afrique. Une de ses activités, un atelier d’initiation à la critique photographique a réuni à Cotonou au Bénin, du 11 au 18 mars 2025, des journalistes culturels du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Togo.

Durant une semaine, sous la houlette du journaliste et critique d’art malgache Elie Ramanankavana, lauréat du Prix NO’OCULTURES de la critique d’art en Afrique, catégorie PHOTO, en 2023, la dizaine de participants a été initiée aux fondamentaux de la critique photographique. À travers une approche théorique et pratique, ils ont étudié l’histoire de la critique photographique, les critères d’analyses de la photo, les différents formats de la critique, etc. L’objectif de cette formation était de permettre aux journalistes et critiques d’art de mieux cerner l’essence des œuvres photographique et d’en restituer une lecture critique pertinente. Ainsi, ils feront office de médiateurs entre les créations et le public.

La photographie, bien que très présente dans l’histoire et le quotidien du continent africain, souffre encore d’un manque de reconnaissance en tant qu’art à part entière. Jusqu’à l’heure actuellement, le débat du statut de l’artiste photographe est toujours sur la table dans de nombreux pays. Or, l’œuvre photographique joue un rôle essentiel dans la documentation, dans l’éducation et à la compréhension de certains pans de la vie. Le critique dans sa posture d’analyste aide à la compréhension des œuvres et de la démarche de l’artiste. En analysant les photos au-delà de leur aspect esthétique, il permet de contextualiser, d’interpréter et de créer un dialogue entre le photographe et son public.

Durant une semaine, sous la houlette du journaliste et critique d’art malgache Elie Ramanankavana, lauréat du Prix NO’OCULTURES de la critique d’art en Afrique, catégorie PHOTO, en 2023, la dizaine de participants a été initiée aux fondamentaux de la critique photographique.

Pour Elie Ramanankavana, l’esprit critique est le fait de poser le doute comme point de départ de la réflexion. Il ajoute aussi que : « Le critique d’art est celui qui arrive à se poser les bonnes questions sur l’art, et qui arrive à placer un discours derrière ces œuvres ». Lors de cet atelier, les participants ont travaillé à produire des critiques sur les œuvres de deux photographes récompensés lors des IXè Jeux de la Francophonie à Kinshasa en 2023 : Madanamootoo Mary Dayle Melisa (Maurice), médaillée d’or, et Lhyliann Ralff (Congo), médaillé d’argent. Ce qui leur a permis d’affiner leur regard et de développer une argumentation sur les séries de ces deux artistes après un échange avec ces derniers autour de leur démarche artistique, leurs influences et les messages qu’ils cherchent à transmettre à travers leurs œuvres.

En plus d’eux, les participants ont reçu au cours de l’atelier plusieurs photographes béninois afin de comprendre leur démarche et le processus de création de leurs œuvres. Parmi eux, Didier Kpassassi, Yannick Folly, Emmanuel Tometin Tognidaho et Richard Dansou (Darimage).

Point d’accord entre critique et photographe

En marge de l’atelier, une table ronde a été organisée le 18 mars au LoftCre@lab de Laboratorio Arts Contemporains, réunissant des professionnels béninois de la photographie et les participants à l’atelier. L’objectif était de favoriser une réflexion collective sur la collaboration entre critiques et photographes, ainsi que sur la valorisation de la photographie en Afrique. Les discussions ont porté sur plusieurs points essentiels, notamment la nécessité d’un regard critique pour permettre aux œuvres photographiques de trouver leur place sur la scène artistique internationale ; et l’impact d’une critique bien argumentée dans la reconnaissance des photographes africains et leur visibilité auprès du grand public.

Grâce à cet atelier, les journalistes culturels disposent désormais d’outils analytiques pour décrypter les œuvres et rédiger des critiques approfondies. La formation s’est conclue avec la rédaction des critiques par les participants. Ces écrits seront exposés aux côtés des œuvres des deux photographes lors d’une prochaine exposition, offrant ainsi un regard croisé entre l’image et son interprétation critique.

Avec des initiatives telles que « Écrire sur la photographie », le Réseau Critiques Africaines de l’Association NORD OUEST CULTURES et le Réseau des Journalistes Culturels Francophones d’Afrique de l’Ouest (RJCFAO) contribuent ainsi à la professionnalisation des journalistes culturels et critique d’arts sur continent.

Yaya TRAORÉ (Collaboration) ©www.noocultures.info

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