Femmes et création artistique : un défi constant pour l’émancipation

Parcours de ces femmes artistes qui utilisent leur art pour plaider en faveur de l’amélioration des conditions de la femme, leurs conditions à elles.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

Des panélistes de différentes disciplines artistiques ont partagé leurs expériences autour des « Femmes et la création artistique », thématique de l’initiative Lesen 9669 du 10 décembre 2024 au Goethe-Institut Burkina Faso.

Au présidium de ce nouveau numéro de l’initiative portée par le critique d’art burkinabè, Saidou Alceny Barry, la slameuse Adjaratou Kabré dit Ôtemptic; l’écriviane Désirée Aimée Ki-Zerbo ; la réalisatrice Amina Abdoulaye Mamani, et l’artiste plasticienne, galeriste et entrepreneure culturelle Mariam Sougué. Quatre femmes, quatre parcours, quatre arts, portant un seul combat, celui de l’épanouissement de la femme peu importe son domaine. Du haut du podium du Goethe-Institut de Ouagadougou, face au public, chacune d’elle a partagé son expérience sur la vie de la femme artiste. 

Ôtemptic ouvre les discussions avec comme support son premier album « A Cappella » sorti en juin 2024. Une œuvre de 8 titres dont certains d’entres eux abordent les questions d’égalité et d’émancipation de la femme. Dans cet album, elle dépeint avec ironie et sans langue de bois, les injustices subits par les femmes comme dans « Colombre ». La réalisatrice nigérienne Amina Mamani suit la marche avec son court métrage « l’envoyé de Dieu » qui dévoile le trajet des filles enlevées et transformées en kamikazes par les groupes armées terroristes dans le Sahel. Un film qui fait échos sur plusieurs festivals et distingués déjà par une cinquantaine de prix. Bien que ce soit un film dramatique, il fait voir la transmission des valeurs sociétales entre mère-fille et le rôle indispensable de la femme dans l’éducation des prochaines générations. Ainsi ces femmes et bien d’autres se servent de leur art pour plaider en faveur de l’amélioration des conditions de la femme, leurs conditions à elles. 

La femme artiste au quotidien

« Lorsqu’on est femme artiste, le combat est triple car il faut se battre pour son art, se battre contre les préjugés et se battre juste par ce qu’on est né femme » affirme Ôtemptic pour démentir les préjugés selon lesquels tout serait facile pour les femmes artistes. Mariam Sougé est une preuve de ce triple combat des femmes pour se faire une place dans le monde artistique.

Artiste peintre, galériste, commissaire d’exposition, entrepreneure culturelle, plusieurs casquettes qui permettent à Mariam de vivre de son art et de se faire une place dans un milieu dominé par les hommes. Tout comme Ôtemptic, Mariam, dès le début de sa carrière fait face à une résistance familiale qui se dissipera au fil du temps grâce à sa détermination mais parce qu’elle arrive à contribuer financièrement aux charges. Si pour elles, ce ne fut pas tendre, pour les deux autres panélistes, la famille a été d’un grand soutien dans le développement de leur carrière. 

Aimé Ki-Zerbo, fille du feu Pr Joseph Ki-Zerbo et Amina Mamani, fille de feu Abdoulaye Mamani, auteur du roman « Sarraounia » ont toutes deux étés bercés au son des lettres même si elles font face aux mêmes stéréotypes que les autres liés au sexe. 

En somme, toutes ces difficultés pourraient expliquer la rareté des femmes dans le monde de l’art et la peur pour elles de vivre leurs passions. 

Selon Alceny Barry, cette initiative vise à mettre en dialogue différentes disciplines artistiques afin de discuter des thématiques sociales qu’elles abordent. Ainsi le palindrome 9669 symbolise la possibilité d’explorer l’art sous différents angles et d’en tirer le sens. 

Yaya TRAORE (Collaboration) ©www.noocultures.info

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