Festival MIA 2023 au Bénin : L’esprit de Maître Adépo Yapo plane sur la plage de Fidjrossè

Pour immortaliser Adépo Yapo et le lier à jamais au MIA, le Prix spécial du meilleur orchestre traditionnel du Bénin a été institué et il porte son nom.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – Ange et Angéline ont convoqué l’esprit « Zouzou ». L’âme de Maître Adépo Yapo, musicologue ivoirien et promoteur de l’arc en bouche le « Dôdô » (instrument de la famille des cordophones), s’est invitée à la communion de ses disciples, le jeudi 30 novembre sur la plage de Fidjrossè au Bénin, dans le cadre de la 8e édition du Festival des Meilleurs instrumentistes d’Afrique (MIA). Comme des anges apporteurs de joie, « car on ne pleure pas un artiste, on le chante », maître Adépo Yapo, décédé le 6 mai 2023, a été célébré par les siens.

Le « Dôdô », son instrument de prédilection a tonné à mille lieux de sa terre de naissance de Bécédi-Anon (Adzopé, Côte d’Ivoire). Les vagues de la mer de Fidjrossè, ont rugi. Les âmes se sont assouplies. Laissant, les mélodies du « Dôdô » transpercer les corps et faire un avec l’esprit. Ce soir, on pouvait frissonner et entendre, sous forme de murmure à l’oreille : « je suis avec vous ». C’est donc le Bénin, son pays d’adoption, qui sept mois après son décès lui rend hommage. Et le festival des Meilleurs Instrumentistes d’Afrique (MIA) qu’il a porté de son vivant, lui rouvre sa scène.

« Il a soutenu cette organisation depuis 2014. Il est de bon ton que pendant cette édition nous rappelions qui il est, afin de perpétuer son œuvre. Cet espace hommage nous permet de revivre l’homme, connaître son parcours et savoir ce qu’il a pu poser comme action et qui le rend immortel », situe Sessi Tonoukouin, coordonnateur du Festival MIA. Journaliste culturel et homme de média malien, Mory Touré, dira de Maître Adépo « qu’il a la nationalité ivoirienne, mais l’âme panafricaine ». « Il avait le don de soi et la générosité artistique. Une vertu en voie de disparition. Il était le président du jury international du concours. Il était l’ambassadeur du MIA. On ne doit pas être triste, car le Maître était pourvoyeur d’émotion. Il a perpétué l’arc en bouche qui est un instrument rare », déclare Mory Touré saluant la mémoire de l’illustre disparu avant d’inviter les écoles de musique à introduire cet instrument dans leur programme d’enseignement.

Pour immortaliser Adépo Yapo et le lier à jamais au MIA, le Prix spécial du meilleur orchestre traditionnel du Bénin a été institué et il porte son nom. Sur scène, il y avait Ange et Angéline (Ange Annoh et Angéline Yégnan Touré) venus d’Abidjan. Le duo a fait « parler » l’arc en bouche. Un instrument de musique noble et qui distille des sonorités apaisantes. Tout est symbole avec le « Dôdô ». « La branche en bois arquée est, selon certaines populations d’Afrique, la colonne vertébrale de l’être humain. La corde en liane, représente la voix de l’humain. La baquette en bambou séché qui frappe la corde lui permet de vibrer. Le petit bâton à l’angle permet de raccourcir ou rallonger la corde et obtenir deux sons fondamentaux enrichis par la bouche qui permet d’émettre plusieurs sonorités », explique Angéline Yagnan.

Derrière un adepo, se cache un autre. Et Ange Annoh, dans cette nuit d’appel des esprits, a invoqué l’esprit saint pour le repos de l’âme de Marceline Adompo, sœur cadette du maître, autre virtuose, disparue trop tôt. Les mélodies de son harmonica dans un « spirit blues » sur fond de « Dôdô », a embaumé l’air de Cotonou surfant entre tristesse et reconnaissance, peine et assurance pour cette âme apaisée, là où elle se trouve. Aux anges, Ange a transmis cette commission à ses maîtres : « tant que Ange et Angeline seront vivants, leurs œuvres vivront ».

Outre l’harmonica, l’arc à bouche s’accorde avec les castagnettes traditionnelles, le tambour, la guitare et bien d’autres instruments modernes. Lorsque les artistes quittent la scène, les sons du « Dôdô » continuent leur voyage dans les mémoires. Tantôt ils titillent le tympan, tantôt on reprend des refrains chantés. Comme pour dire : « le maître vit en vous ».

Sanou A., envoyé spécial à Cotonou ©www.noocultures.info

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