Entretien avec Germaine SIKOTA, danseuse et chorégraphe togolaise et promotrice du Festival international de danse « Nïkaala » dont la 6è édition s’est tenue du 28 août au 10 septembre 2023 à Lomé.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…
Festival « Nïkaala » 2023 : la danse à 360° « pour s’interroger sur le rôle de l’artiste dans la société »
www.noocultures.info – Entretien avec Germaine SIKOTA, danseuse et chorégraphe togolaise et promotrice du Festival international de danse « Nïkaala » dont la 6è édition s’est tenue du 28 août au 10 septembre 2023 à Lomé.
Noocultures.info : Pour sa 6è édition, le festival Nïkaala choisit comme thématique centrale « Nos regards à 360°». Est-ce pour montrer la dimension transversale et universelle de la danse ?
Germaine SIKOTA : Avec cette thématique, il s’agit pour nous d’inviter à élargir son horizon, sa conception, sa perception des choses dans la mesure où l’artiste aujourd’hui ne peut plus vivre isolé. En particulier, nous, en tant que femme, nous devons nous interroger sur les actualités, tout ce qui se passe dans le monde aujourd’hui. L’artiste ne peut pas être en marge.
Au vu de tout ce qui se passe, c’était pour nous urgent de proposer un cadre où l’on peut toucher tous les domaines de la vie, réfléchir et permettre aux femmes aussi de donner leurs avis. « Nos regards à 360°», c’est aller au-delà de l’artiste que nous sommes, aller vers l’humain que nous sommes et se dire qu’on n’est pas seul, nous sommes avec les autres.
« Nos regards à 360°», c’est s’interroger : Qu’est-ce qui se passe ?, Qu’est-ce qu’on peut corriger ?, Qu’est-ce qu’on ne peut pas corriger ? En somme, mener une réflexion à 360° en utilisant la danse.
Cela s’est ressenti dans les différentes propositions des compagnies qui ont participé à cette édition. De quoi êtes-vous fière, en tant que promotrice, à la fin de cette édition ?
Ce dont je suis fière, c’est cet engagement de tous ces artistes qui étaient présents à l’édition 2023. Malgré les conditions météorologiques défavorables, ils ont décidé d’aller jusqu’au bout, de s’exprimer sur la scène et de délivrer leurs messages. C’était un véritable challenge. Il pleuvait mais personne ne s’est découragé. Ils ont été jusqu’au bout des spectacles. Les danseuses ont vraiment dépassé nos attentes et montré que lorsqu’on veut, on peut.
« Vouloir, c’est pouvoir », dites-vous. Quand on suit un peu l’évolution du festival depuis son lancement en 2018, est-ce cette volonté qui vous pousse à tenir malgré les difficultés inhérentes à l’organisation d’un évènement culturel ?
Évidemment, mais c’est surtout pour l’impact du festival. Et ceci est lié aux thématiques que nous développons à chaque édition. D’abord, Nïkaala, signifie « Je danse », dans ma langue paternelle, Akposso. Donc en initiant le festival, l’idée était de placer la danse au cœur des préoccupations. Et à chaque édition, nous essayons de voir par rapport aux thématiques, quelles sont les pièces qui en parlent le mieux. Notre programmation se fait alors avec des spectacles qui ont une cohérence entres elles.
Quand on prend les 5 premières éditions, nous avions fait en sorte que les thèmes choisis chaque année soient une suite logique de ce qui a été fait l’année précédente. Cette année, nous avons innové en organisant une résidence non pour accueillir des pièces en cours de création mais plutôt des pièces qui ont été déjà créés et jouées. Pour cela, nous avons invité spécialement le chorégraphe Nikoko Yao qui avait créé une pièce avec 4 filles en Côte d’Ivoire. Il a accepté de venir recréer cette pièce en résidence avec de nouvelles danseuses. Et vous avez vu le résultat. C’est cet impact qui nous fait avancer.
Vous évoluez dans la danse contemporaine. Pourquoi ce choix artistique ?
Pour moi, la danse contemporaine offre à l’artiste la possibilité de se remettre en question à chaque fois, de rechercher, d’essayer. C’est ce qui est intéressant pour moi quand on parle de danse contemporaine. C’est ce que j’apprécie. L’opportunité qu’offre la danse contemporaine de remettre le travail que nous faisons en cause ce qui nous amène à aller creuser plus à chercher, à essayer des choses nouvelles.
Propos recueillis par Kossivi Francis AKOVI ©www.noocultures.info






