Gnanamaya à Bobo-Dioulasso : L’art au service du social

Des festivals tel que la Rencontre internationale de l’art contemporain Gnanamaya permettent à ces jeunes artistes d’être visibles et d’apprendre de leurs pairs lors des résidences de création.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

WWW.NOOCULTURES.INFO / BURKINA FASO – La 17è édition de la Rencontre internationale de l’art contemporain Gnanamaya s’est tenue du 27 au 31 janvier 2025, à Bobo-Dioulasso, à l’ouest du Burkina Faso, autour du thème « TRANS-ACTION VERS LA PAIX », pour marquer la sensibilité de l’art dans le contexte actuel du pays.

Plasticiens, photographes, sculpteurs, etc., ce sont au total 17 artistes venant 05 pays qui ont participé à la résidence et à l’exposition durant cette édition. Parmi eux, Ernest AKÉ, artiste peintre ivoirien et Mahamadou KÉBÉ, artiste peintre malien. Deux artistes, aux parcours, démarches et personnalités différentes, dont les pinceaux défendent la même cause, celle du bien-être des enfants.

D’un côté, Ernest AKÉ, décorateur de formation, qui a été révélé en tant que peintre lors d’un concours d’art plastique organisé par une ONG de la place. Il est issu du Centre Technique des Arts Appliqués (CTAA) de Bingerville (Côte-d’Ivoire) où il obtient un brevet de technicien artiste. Sa démarche est de recycler des sachets plastiques pour constituer sa matière pour la création de ses œuvres. Pas n’importe quel sachet, il porte une attention particulière aux emballages de produit consommable tel que des biscuits, de lait, de Nescafé, et bien d’autres. Parti du constat de l’envahissement de la ville d’Abidjan par les déchets, l’artiste Ernest AKÉ souhaite attirer l’attention sur leur danger pour l’environnement, mais aussi, montrer, ce que ces sachets peuvent devenir une fois recyclés.

Par là, trois jeunes garçons marchant avec en mains des boîtes de tomates, sans doute des talibés  ; par ici, un autre assis, vendant des fruits mais dont les yeux et l’esprit sont dirigés vers l’école ; et un dernier assis, tête baissée en réfléchissant. C’est toiles, exposées au Musée Sogossira Sanou à Bobo-Dioulasso, dans le cadre des Rencontres par Ernest AKÉ, reflètent les situations difficiles que vivent certains enfants aujourd’hui. Dans les pays de la sous-région et même au-delà, il est commun de rencontrer à chaque coin de rue des enfants avec des boîtes de conserve mendiant quelques pièces de monnaies, ou encore des adolescents sillonnant les rues, tardivement souvent avec des articles à vendre. Des conditions qui se sont aggravé dans certains pays comme le Burkina Faso ou le Mali à cause de la crise sécuritaire actuel qu’ils traversent. Les enfants sont les plus vulnérables. Ernest AKÉ, touché par ce fait appelle à plus d’attention envers ces êtres fragiles notamment un mieux accès aux services de santé, d’éducation, etc.

A quelques pas des toiles de Ernest AKÉ, celles de Mahamadou KÉBÉ, qui traitent presque des mêmes thèmes mais avec un style différent. Contrairement au premier, il est autodidacte, mais sa passion pour les arts plastiques le conduit vers le Collectif Tim’arts où il apprend auprès de certains devanciers. Il débute son parcours et a déjà à son actif quelques expositions collectives et participe à des résidences de création à l’instar de Gnanamaya. Ayant rencontré de nombreuses difficultés durant son enfance, chacun de ses tableaux raconte un temps essentiel de son enfance. D’où aussi, son combat pour les meilleures conditions de vie et d’étude pour les enfants surtout ceux issus des milieux défavorisés. Lorsqu’on regarde les œuvres de Mahamadou KÉBÉ, on est très vite attiré par les yeux qu’on y retrouve çà et là. C’est son empreinte. Pour lui, face à des conditions difficiles, où des situations particulières de manque, l’on a que les yeux pour pleurer. Lesquels pleurs sont pour lui une manière d’extérioriser ses douleurs et donc un remède.

Des festivals tel que la Rencontre internationale de l’art contemporain Gnanamaya permettent à ces jeunes artistes d’être visibles et d’apprendre de leurs pairs lors des résidences de création.

Yaya TRAORE (Collaboration) ©www.noocultures.info

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