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JMC Market : art, artisanat et innovation aux Journées Musicales de Carthage

www.noocultures.info – Installé dans le hall de la Cité de la culture de Tunis, le marché des Journées musicales de Carthage, JMC Market, constitue une plateforme d’échanges entre les divers acteurs de l’écosystème musical, favorisant rencontres et collaborations.
Sélectionnés à la suite d’un appel à candidatures, les exposants du JMC Market regroupent une diversité de professionnels et de créateurs : fabricants, réparateurs et marchands d’instruments de musique, artisans transformant des instruments en objets décoratifs ou utilitaires, collectionneurs d’instruments rares, disquaires passionnés de vinyles, ainsi que designers et stylistes proposant des produits dérivés. Ce marché constitue ainsi un carrefour où se croisent musiciens, artisans, mélomanes, experts et amateurs éclairés, favorisant des échanges enrichissants et le développement de nouvelles synergies dans l’industrie musicale tunisienne et au-delà.
Le JMC Market ne se limite pas à une simple exposition-vente. Il invite les visiteurs, amateurs comme professionnels, à une expérience interactive à travers des ateliers immersifs et des performances improvisées. Les festivaliers peuvent ainsi assister à des jams spontanées, redécouvrir des instruments rares comme le dagâ indien ou la flûte péruvienne, et se laisser porter par la magie des rencontres musicales.
Parmi les exposants rencontrés, il y a Farid Taleb, jeune artisan luthier passionné, qui fait découvrir le mandole, instrument traditionnel algérien. Pièce maitresse du Châabi algérois. De nos jours, on compte peu de maitre luthier qui maitrise la fabrication de cet instrument. Farid est un des plus jeune artisan á encore le fabriquer. Il est le digne héritier des grands noms comme Chaffa et Chaabane.
Le maestro Foued Bouabib quant à lui, dévoile une impressionnante collection d’instruments issus des quatre coins du monde, mettant en lumière la diversité sonore et patrimoniale, tant matérielle qu’immatérielle. On y trouve des balafons et djembés d’Afrique de l’Ouest, des rbab et oud tunisiens, ainsi que d’autres trésors instrumentaux. Certains de ces instruments sont destinés à la vente, mais Foued Bouabib se veut exigeant : « Je ne vends qu’au feeling », confie-t-il.
L’artisane Maria Sara Amaria aka Achinkad (Algérie), fondatrice de l’atelier nomade Terakaft, présente une sélection d’instruments emblématiques de l’Afrique du Nord, tels que le bendir, gasba, ainsi que l’Imzad instrument á cordes féminin en voie de disparition de la culture touareg ( Sahara- Sahel) qu’elle fabrique sur place sous forme d’atelier interactif. « Ma participation aux Journées Musicales de Carthage (JMC) avait pour objectif de faire connaître mon parcours et mon grand voyage du nord au sud d’Algérie, à travers l’artisanat et la culture. Au JMC, je me suis concentrée sur la transmission de la culture touarègue à travers les instruments que nous devons préserver. J’ai beaucoup échangé oralement avec les visiteurs, en expliquant les rites traditionnels liés à la fabrication des instruments, ainsi que l’histoire de mes bijoux et des tenues traditionnelles féminines que je confectionne. » explique t-elle.
Un espace de rencontre et de créativité
Une des rencontres marquante des JMC Market est sans conteste celle avec le doyen d’Ibrahim Bahloul ( Tunisie), homme de culture, ethnomusicologue, photographe et artiste plasticien. Il expose des instruments traditionnels issus de l’espace culturel amazigh d’Afrique du Nord, certains étant aujourd’hui rares voire, en voie de disparition. Parmi ces pièces précieuses, on retrouve les instruments dits domestiques comme el Mehraz en cuivre, ( le pilon), un ustensile de cuisine dont l’usage comme instrument de percussion s’est progressivement perdu mais aussi aussi el Bendir ( tambourin) nord-africain carré, une version archaïque du Bendir rond actuel, utilisée avant la Renaissance (XVI siècle). Il a également présenté Dundufa et Benga (percussions traditionnelles amazighes) caractéristiques de diverses régions sud.
Ibrahim Bahloul tente de ressusciter ces instruments oubliés, avec une attention particulière aux pratiques musicales de Tataouine et Gabès, régions où la transmission de ces savoir-faire amazigh nord-africaine se fait de plus en plus rare.
L’événement accueille également des marques et créateurs qui proposent des produits dérivés musicaux, des œuvres d’art inspirées de la musique et des objets décoratifs confectionnés à partir d’instruments recyclés. Des brands comme Local- atelier boutique, Douzan Bouthaina, BriBri ou encore Afro Loulou qui propose une immersion dans l’artisanat textile et musical d’Afrique de l’Ouest.
En offrant un espace de valorisation aux artisans et créateurs, le JMC Market joue un rôle clé dans la promotion du tissu économique et social musical tout en célébrant la richesse et la diversité de l’industrie culturel et créative. Cet événement se révèle être une belle initiative pour fédérer les acteurs du secteur, valoriser les traditions musicales et dynamiser le marché de la musique en Tunisie et au-delà.
Leïla ASSAS (Algérie), envoyée spéciale à Tunis ©www.noocultures.info








