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Le Salon International du Livre d’Alger met l’Afrique au cœur de son édition 2025

www.noocultures.info – Du 29 octobre au 8 novembre 2025, le Palais des Expositions SAFEX des Pins Maritimes ( Alger) accueille la 28ᵉ édition du Salon International du Livre d’Alger. Cette manifestation littéraire majeure du continent africain place cette année l’esprit panafricain et les questions de décolonisation au centre de ses débats, réunissant 234 écrivains et intellectuels d’Algérie, d’Afrique et d’ailleurs autour de cinquante-cinq activités culturelles.
Cette édition se distingue par une attention particulière portée aux valeurs africaines et à leur contribution à l’humanité. L’espace Esprit Panaf proposera une série de rencontres programmées sur plusieurs jours. Le 30 octobre, les débats s’ouvriront avec une session sur le conteur traditionnel et la préservation du patrimoine et de la mémoire populaire dans le contexte africain, animée par Siham Kennouch et réunissant Abdelhamid Borayo, Rachid Belil, Zoubida Maamria, Nora Aceval et Laid Djellouli. Le lendemain 31 octobre, deux sessions seront consacrées au discours postcolonial en Afrique et aux besoins de l’humanité vis-à-vis des valeurs africaines, modérées par Suleiman Aaraj. La première accueillera Abdelmuhaymin Mohamed Al-Amin (Niger), Mohamed Salem Ould Essoufi de Mauritanie, Abdallah Issa du Tchad et Mortadha Ahmed du Nigeria. La seconde réunira Moussa Abdallah, Mohamed Elwedoud Ould Cheikh de Mauritanie, Abdelmadjid Djaa, Hamdi Yahdhih du Sahara occidental et Mohamed Saleh Mohamed Ayoub du Tchad. Le 2 novembre, une table ronde explorera l’esclavage dans les littératures africaines avec la participation de Maxime Vignion ( États-Unis) et Ben Aouda Labdai. Ces rencontres, dont nous présentons ici une sélection, marquent une volonté de confronter l’histoire coloniale à travers la littérature. Le 3 novembre, une rencontre sera consacrée à la question du Sahara occidental entre littérature et lutte, animée par l’écrivain sahraoui Hamdi Yahdhih. Cette dimension panafricaine se reflète également dans les débats programmés sur les dernières questions coloniales du continent, incluant le Sahara occidental et la Palestine, considérée comme une cause africaine à part entière.
La figure du penseur kenyan Ngugi wa Thiong’o occupera une place centrale dans les discussions, notamment concernant son combat pour la décolonisation mentale et la libération de la pensée africaine. Son œuvre, qui prône l’usage des langues africaines dans la création littéraire, résonne particulièrement avec les thématiques de cette édition axée sur l’émancipation culturelle et intellectuelle du continent.
Frantz Fanon et Abdelhamid Benhadouga, deux voix de la résistance
Le salon rendra un hommage à Frantz Fanon, psychiatre et philosophe martiniquais dont l’engagement aux côtés de la révolution algérienne l’a conduit à choisir cette terre comme sépulture finale au cimetière des martyrs. À l’occasion du centenaire de sa naissance, ses écrits sur la décolonisation et l’aliénation coloniale seront revisités à travers plusieurs conférences, confirmant son statut de penseur incontournable des luttes de libération africaines.
Parallèlement, Abdelhamid Benhadouga, considéré comme le pionnier du roman algérien d’expression arabe, sera célébré. Son œuvre, profondément ancrée dans les réalités sociales algériennes, dialogue avec celle de Fanon dans une même quête d’authenticité et de justice. Le salon honorera également Rachid Boudjedra, dont les soixante années de création littéraire ont marqué plusieurs générations de lecteurs et continue sa prolifique production.
La Mauritanie à l’honneur
En tant qu’invitée d’honneur, la Mauritanie apporte au salon toute la profondeur de son identité de « pays du million de poètes ». Cette présence mauritanienne illustre les connexions historiques et culturelles qui traversent le Sahara, reliant l’Afrique subsaharienne a l’Afrique du Nord dans un continuum civilisationnel souvent méconnu. Les rencontres prévues mettront en lumière les influences réciproques entre les deux pays dans les domaines littéraire, spirituel et artistique, notamment à travers le patrimoine hassani et les traditions poétiques communes.
Une soirée poétique bilatérale viendra sceller cette célébration des échanges culturels transsahariens, rappelant que les frontières politiques ne sauraient effacer les liens profonds tissés par la langue, la foi, l’histoire commune et l’ancrage géographique. L’édition 2025 ne se contente pas de revisiter l’histoire coloniale, elle interroge aussi l’avenir du continent face aux défis contemporains. Les discussions aborderont le rôle de l’intelligence artificielle et des transformations numériques dans la préservation de la sécurité culturelle africaine, questionnant ainsi les nouvelles formes de domination à l’ère digitale. Une table ronde spécifique sur l’intelligence artificielle et la création réunira des intellectuels d’Arabie Saoudite, d’Algérie et d’ailleurs. D’autres rencontres traiteront de l’identité nationale unificatrice depuis l’époque numide jusqu’à nos jours, de la question du soi et de la mémoire dans la littérature de la diaspora, ainsi que des nouvelles orientations dans la création chez les jeunes écrivains. Le salon explorera également la compréhension mutuelle entre les variantes amazighes à travers de nouvelles approches pédagogiques et de recherche.
Ouvert quotidiennement de dix heures à vingt heures à partir du 30 octobre, le salon déploie ses mille deux cent cinquante-quatre exposants, dont deux cent quatre-vingt-dix algériens, sur vingt-trois mille mètres carrés. Un colloque international intitulé « L’Algérie dans la civilisation » se tiendra le 4 novembre à l’hôtel El Aurassi, rassemblant chercheurs et penseurs autour de la contribution algérienne au patrimoine mondial. Les jeunes publics ne sont pas oubliés avec six cents mètres carrés dédiés aux ateliers d’écriture, de lecture et d’arts plastiques.
Cette vingt-huitième édition s’affirme ainsi comme un espace de réflexion continental où la mémoire des luttes passées nourrit les combats présents pour une Afrique intellectuellement et culturellement émancipée.
Leila ASSAS (Collaboration) ©www.noocultures.info








