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Panel REMA / « Briser les Frontières » : L’universalité de la musique au cœur des échanges
www.noocultures.info – Le vendredi 18 octobre 2024, l’hôtel Bravia, situé dans la capitale du Burkina Faso, a accueilli le panel « Briser les frontières » à l’occasion de la 7ᵉ édition des REMA. Ce panel a mis en lumière l’universalité de la musique et sa capacité à transcender les cultures et les continents. Les panélistes ont profité de l’occasion pour inviter les acteurs de l’industrie musicale africaine à s’ouvrir au monde et à dépasser les barrières géographiques et mentales.
Le panel a réuni des experts tels que Kayode Adebayo, CEO de Ckrowd.com (Nigeria), Guy Constant Beza, représentant de Believe (Côte d’Ivoire), Magali Wora, auteure et représentante de Real Black Music et Hema Online Music Academy (Gabon), ainsi qu’Hervé Honla, journaliste spécialiste de la musique (Burkina Faso). Ensemble, ils ont exploré des thématiques essentielles telles que la mobilité artistique, la dimension immatérielle des œuvres et leur diffusion à l’ère de la digitalisation.
Les intervenants ont souligné la puissance du numérique pour promouvoir la musique africaine au-delà des frontières. Cet événement a également servi de cadre enrichissant pour les professionnels, artistes et acteurs du secteur musical, favorisant des échanges constructifs. Le panel a réaffirmé le rôle crucial de la musique en tant que vecteur d’unité, incitant chacun à s’engager dans une démarche de partage et de collaboration à l’échelle internationale.
Selon Guy Constant Beza, l’Afrique dispose d’un potentiel incroyable en matière de musique et de culture. Pour lui, les statistiques le confirment. Il a souligné que la population majoritairement jeune constitue un marché prometteur pour les investissements futurs. Il a ajouté que la mauvaise gouvernance entrave l’exploitation de ces opportunités : « Des pays comme le Nigéria et l’Afrique du Sud, avec leur population plus nombreuse et leurs sources de financement variées, illustrent ce potentiel. J’insiste sur la nécessité pour l’Afrique de construire des projets solides, de renforcer la confiance en soi et de briser les barrières. L’Afrique doit valoriser ses connaissances, ses cultures et son savoir-faire au-delà de ses frontières pour occuper la place qu’elle mérite sur la scène mondiale », a-t-il déclaré.
Le journaliste Hervé Honla a partagé son point de vue sur l’industrie musicale burkinabè, qu’il considère actuellement sur une bonne dynamique. Il précise que bien que cette musique soit encore embryonnaire, elle possède un potentiel important. « Le principal défi reste le manque de connaissance des artistes en matière d’utilisation du digital. Malgré leur talent et l’originalité de leurs œuvres, ces artistes rencontrent des difficultés à faire connaître leur musique au-delà des frontières. Les REMA (Rencontres Musicales Africaines) offrent une opportunité pour les artistes burkinabè de se familiariser avec le digital ». Il a également noté que l’industrie musicale burkinabè a l’occasion d’apprendre des réussites et des erreurs des pays voisins, ce qui pourrait lui permettre de transcender les frontières. «Toutefois, il est crucial de créer une union autour d’un concept commun pour maximiser ce potentiel », a confié Hervé Honla.
Magali Wora, quant à elle, a souligné que la digitalisation de la musique en Afrique francophone représente un défi majeur. Elle a insisté sur l’importance de former les acteurs du secteur aux plateformes digitales, affirmant qu’il est essentiel de développer une politique musicale solide au sein de la sous-région. Magali Wora a observé qu’il y a très peu de musique francophone dans les playlists gérées par Apple, malgré le fait que la musique traverse les frontières. Elle a déploré que dans la zone francophone, la consommation musicale ne soit pas suffisante pour activer les leviers nécessaires au développement du secteur. « Nous devons nous engager dès maintenant dans le processus de digitalisation. Les acteurs de la musique doivent être impliqués dans la sphère politique pour influencer les décisions et développer la filière musicale. Des stratégies de digitalisation sont impératives », a-t-elle affirmé.
Pour Kayode Adebayo, il est important pour l’Afrique de reconnaître son marché potentiel et de prendre conscience des enjeux de la digitalisation. Selon lui, chaque acteur doit intégrer cette question et agir en conséquence. « Nous avons le devoir de challenger les marchés internationaux. Toutes les industries musicales en Afrique doivent s’unir pour parler le même langage », a-t-il souhaité.
Le panel a ainsi ouvert la voie à une réflexion collective sur l’avenir de la musique africaine, appelant à des actions concrètes pour briser les frontières et promouvoir la richesse culturelle du continent sur la scène mondiale à l’ère du digital et du numérique.
Ismaël KIEKIETA ©www.noocultures.info







