« TU DIS PDI » aux Récréâteales 2024 : vies brisées, thérapie par l’art

Les cris des femmes foulards en mains accompagnés par une musique mélancolique, quelques minutes après l’entame de la pièce, ne sauraient laisser l’assistance indifférente.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – « TU DIS PDI », mise en scène par Aristide Tarnagda et chorégraphié par Djibril Ouattara, est l’un des spectacles de la cuvée de  la 13è édition des récréâtrales. Et même s’il aborde un sujet grave comme la situation des déplacés internes due au terrorisme, le spectacle est une véritable ode à l’espoir.

Les cris des femmes foulards en mains accompagnés par une musique mélancolique, quelques minutes après l’entame de la pièce, ne sauraient laisser l’assistance indifférente. Ce tableau sous une douche de lumière chaude met à nu la colère et le désarroi de ces personnes déplacées internes. Oui, c’est d’eux dont on parle : les « PDI ». Ce sigle présent sur toutes les lèvres est devenu le commun des burkinabès depuis le début des attaques terroristes dans le pays, en 2016. Cette pièce de théâtre jouée par eux, les victimes, est leur récit, leur quotidien à travers des bouts d’histoire racontés et transposés sur les planches par une association pluridisciplinaire de théâtre, danse et de musique.

Une femme qui traîne le corps sans vie de son époux tué par les terroristes. Une autre femme dont le mari part à l’aventure laissant entre ses mains le sort de leurs deux fils , finit par enterrer l’un et voir l’autre rejoindre les groupes armés terroristes. Des vies bouleversées par la crise sécuritaire amplifiée par des maux sociétaux que sont la corruption, la délinquance et la mauvaise gouvernance. Des corps enroulés dans des nattes ou portés ou encore une tombe construite au milieu de la scène ; etc.

Mais, la mort et le désarroi, présents presque tout le long de la pièce finit par disparaître laissant place à la joie et la convivialité où les femmes sont épanouies. La pièce « Tu dis PDI » devient alors un outil thérapeutique pour ceux qui y participent et de sensibilisation, d’appel à solidarité pour ceux qui la regardent.

Femme traînant le corps sans vie de son époux ©Yaya Traoré / noocultures.info

Terre ceinte, solidarité active

« Ce n’est pas un spectacle, c’est un acte de solidarité envers des sœurs, des frères et des mères qui traversent une situation difficile à l’image du pays » confie le metteur en scène Aristide Tarnagda. Pour lui, le fait que la pièce soit jouée par les personnes déplacées internes n’avait pas pour but de les instrumentaliser ou de les convertir en comédiens mais plutôt leur donner un cadre d’expression afin qu’elles puissent raconter elles-mêmes leur vécu. Témoin de ces drames, Jeannette Kaboré raconte : « Cette pièce est une représentation de ce qui est arrivé à ma famille et mes connaissances. Des terroristes sont venus dans les villages, ils ont égorgé des hommes, amenés des enfants et laisser derrière eux des femmes ».

« Tu dis PDI » jouée par une cinquantaine de déplacées internes de Kaya (nord-est), Tenkodogo (centre-est) et les habitants de Bougsemtenga (quartier des Récréâteales) est créé dans le cadre du projet Terre ceinte, qui est un ensemble d’outils artistiques et culturels visant à donner un tant soit peu le sourire à ces personnes devenues étrangeres dans leur propre pays. Coincés entre les exactions des terroristes dans leur village et la méfiance des populations d’accueil, les PDI ont du mal à trouver leur place. Ce projet a été possible grâce au soutien de l’Ambassade du Canada à travers le fonds canadien d’initiatives locales, Enabel, IFA et le ministère des affaires étrangères allemand.

Yaya TRAORÉ ©www.noocultures.info

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