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Algérie : un portail dédié au peintre M’hamed Issiakhem lancé par ses héritiers
www.noocultures.info – Le récent lancement du portail dédié au fond du peintre algérien M’hamed Issiakhem, réalisé par ses héritiers, représente une contribution significative à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine artistique algérien.
Accessible à l’adresse missiakhem.net, ce projet en ligne offre une immersion profonde dans l’univers créatif de l’artiste, ajoutant une dimension nouvelle à la compréhension de son œuvre. M’hamed Issiakhem, peintre émérite, connu pour sa citation devenue manifeste « Un pays sans artiste est un pays mort. J’espère que nous sommes vivants ! », est né le 17 juin 1928 à Taboudoucht, Tizi-Ouzou. Il fut élève de la Société des beaux-arts à Alger, puis de l’École des beaux-arts d’Alger. (1947 à 1951), membre fondateur de l’Union nationale des arts plastiques et participe à l’exposition des « Peintres algériens » organisée à Alger pour les « Fêtes du 1er novembre », préfacée par Jean Sénac. Dans une interview accordée au journaliste Ahmed Azeggagh (Revue Révolution africaine, mai 1985), Il revient sur la réception critique de ses œuvres et la catégorisation de son approche artistique, se définissant comme expressionniste. « Ça m’ennuie, dit-il, qu’on me classe parmi les figuratifs, comme ça m’ennuierait de se voir classé parmi les abstraits. Je dis, pour simplifier les choses, que je suis expressionniste ».
Pour lui, le pinceau devient un instrument pour interpréter l’Histoire et guider la mémoire. Une notion qui se retrouve dans ses œuvres emblématiques, comme « Figures africaines » (1957), « Berbérie inachevée » (1968), et « Ma tribu Algérie » (1976) qui se distinguent par l’emploi habile de formes contrastées, conférant dynamisme et relief. La palette de couleurs, souvent neutre avec des nuances qualifiées de « sourdes », crée une atmosphère sombre, voire anxiogène, invitant le spectateur à une exploration attentive de chaque composition.
« Citer M’Hamed Issiakhem implique de traverser des zones douloureuses de l’histoire de l’Algérie », ainsi l’exprime Nawal Souissi, autrice du livre « À l’ombre du Sacré-Cœur ». Elle ajoute en ce sens « Évoquer Issiakhem et son œuvre, c’est évoquer l’indicible, l’insupportable, l’absurde, traversant ces chemins minés de la guerre et de la liberté tant recherchée mais tellement difficile à atteindre. »

Au-delà d’une simple galerie en ligne, le portail Issiakhem sert de vitrine virtuelle soigneusement organisée. Accessible à tous, il propose un accès facile à une variété d’œuvres, depuis des croquis préliminaires jusqu’à des chefs-d’œuvre aboutis. Le fond documentaire composé d’archives photographiques, des correspondances, et ouvrages autour de ses œuvres sont consultable á la demande via une adresse mail. Ce fond présente des instantanés poignants de la vie d’Issiakhem, offrant aux visiteurs une plongée dans l’intimité de l’artiste et une compréhension approfondie de son processus créatif. Le portail joue également un rôle crucial en signalant les activités de trafic illicite liées aux reproductions non autorisées de ses œuvres. En mettant en place un système d’alerte, il contribue à prévenir et à atténuer les risques associés à la contrefaçon et au piratage, assurant ainsi la protection et la préservation des droits artistiques.
Décédé en 1985, Issiakhem continue de marquer l’histoire artistique de l’Algérie par sa vision singulière et son engagement envers la représentation authentique de la réalité culturelle. Le portail aspire à catalyser un intérêt renouvelé pour l’art algérien, en servant de ressource éducative et inspirante, élargissant ainsi l’accès à la richesse culturelle et artistique de l’Algérie, tant au niveau national qu’international.
Leila ASSAS (Contribution) ©www.noocultures.info






