« Meurtre à la Pendjari » de l’écrivain béninois Modeste Wéwé Gansou est un roman noir, paru en 2015 aux Éditions Plurielles.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…
« Meurtre à la Pendjari » de Modeste Gansou Wéwé : l’énigme d’un corps sans vie
www.noocultures.info – « Meurtre à la Pendjari » de l’écrivain béninois Modeste Gansou Wéwé est un roman noir, paru en 2015 aux Éditions Plurielles. L’histoire commence par la découverte du corps calciné d’une jeune femme au parc de la Pendjari, une aire protégée située à l’extrême nord-ouest du Bénin.
Meurtre à la Pendjari se déroule à la dixième année de mariage de Sylvère Yémalin et Anaïs Vézinou. Dans le parc enchanteur de la Pendjari (extrême nord-ouest du Bénin), une enquête policière haletante est ouverte sur la mort énigmatique d’une jeune femme, supposée être Anaïs Vézinou, une vedette de la chanson. Son époux Sylvère est le suspect idéal. Les divisions, les oppositions et les querelles d’intérêts entre les protagonistes se croisent et se décroisent, immergeant le lecteur dans un univers politico-carcéral.
L’histoire est relatée en 15 chapitres répartis sur 213 pages. Les flashbacks rompent la linéarité du récit. Les nœuds de conflits font monter crescendo la tension dramatique qui rappelle Le silence des agneaux de Thomas Harris. Le style est captivant. Les dialogues sont vivants. La caractérisation des personnages par leurs traits et leurs motivations montre chacun avec ses peurs, ses désirs et ses secrets les plus profonds dans une posture d’action, de réaction et de retour à un nouvel équilibre. Meurtre à la Pendjari transporte le lecteur dans un univers rempli de suspenses, de tensions et de rebondissements.
À la suite d’une dispute avec son mari autour de son projet de jouer un rôle au cinéma, Anaïs disparaît du jour au lendemain. Mis au courant de sa disparition, son père Stanislas Vézinou, ministre de l’économie et candidat à la présidence de la République, en veut à Silvère, et l’accuse de meurtre. Sylvère devient alors la cible de son irascible beau-père, qui décide de son élimination physique.
Plus le temps passe, plus son innocence s’effrite, mais son ami l’avocat Jean-Paul Binon vient à son secours. La situation se complique, les suspects défilent et la presse s’en mêle. Sylvère est placé en détention, mais il pourra toujours compter sur son ami Jean-Paul Binon pour le tirer d’affaire. Dans la narration des faits, l’auteur tient également son lecteur en haleine par une description parfaite et minutieuse des lieux de détention et du procès.

« Meurtre à la Pendjari » est une œuvre à la qualité littéraire certaine, écrite d’une plume généreuse et poétique qui allie suspens, mystère et profonde exploration de la psychologie humaine. Elle permet au lecteur d’apprendre le fonctionnement de l’appareil judiciaire, les procédés du jugement des dossiers en rôle, le vocabulaire spécifique employé et les méthodes de recours à l’expertise scientifique des faits. Par ailleurs, le roman plonge le lecteur dans le réalisme des hommes et femmes politiques pendant les périodes électorales.
Ce roman plaît dans sa forme et dans son fond par son récit de vraisemblance avec un pan de notre vécu d’expérience de visiteur agréé de deux maisons d’arrêt et de correction au Burkina Faso et d’homme consacré, agent de santé et stagiaire en réalisation de cinéma à l’Institut Imagine de Ouagadougou. « Meurtre à la Pendjari » nous révèle qu’une belle histoire doit avoir un début, un milieu et une fin où l’on commence rapidement pour accélérer et finir fort. Dans cette optique, l’œuvre est hautement didactique en ce qu’il présente un personnage principal, Sylvère, perturbé dans sa vie ordinaire, aidé par des alliés et transformé au bout du compte après s’être confronté avec des adjuvants pour se reconstruire une vie citoyenne rénovée. « Meurtre à la Pendjari » est plaisant à la lecture et se prête bien pour faire l’objet d’une adaptation cinématographique.
Zombré Marc (Burkina Faso), stagiaire de la 3è promotion de la session d’initiation à la critique d’art organisée par l’Association NORD OUEST CULTURES et le Réseau CRITIQUES AFRICAINES
Mentorat de la section « Littérature & Cinéma » : Sara KHARFI (Algérie), www.algerielitteraire.com






