« Bronzes du Bénin » : Le Nigéria récupère 119 pièces majeures auprès des Pays-Bas

C’est un tournant majeur dans l’histoire des restitutions patrimoniales africaines.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – C’est un tournant majeur dans l’histoire des restitutions patrimoniales africaines. Le 21 juin 2025, le Nigéria a officiellement réceptionné 119 objets d’art pillés lors de l’invasion du royaume du Bénin en 1897. Restitués par le gouvernement néerlandais, ces artefacts témoignent d’un acte fort de réparation mémorielle, inscrit dans un mouvement international en faveur du retour des biens culturels africains.

La cérémonie officielle s’est tenue dans l’État de Lagos, en présence de responsables nigérians et néerlandais. Il s’agit du plus important rapatriement d’objets culturels jamais effectué vers le Nigéria. Ces 119 pièces (têtes commémoratives, plaques de bronze, objets cultuels) proviennent du musée national d’ethnologie de Leiden et du musée Wereldmuseum de Rotterdam. Ces institutions néerlandaises les avaient conservées pendant plus d’un siècle, après leur acquisition dans le contexte du pillage colonial.

Pour Hannatu Musawa, ministre nigériane de l’Art, de la Culture, du Tourisme et de l’Économie créative, ce retour « est plus qu’un simple transfert d’objets ». Il représente « la restauration de la dignité nationale » et un geste d’espoir pour « la réappropriation de notre histoire commune ». Elle a salué la décision des Pays-Bas, qui « ont choisi de se ranger du bon côté de l’histoire », en conformité avec la Convention de 1970 de l’UNESCO contre le trafic illicite de biens culturels.

Un symbole de mémoire, une responsabilité partagée

Ces restitutions s’inscrivent dans la nouvelle politique culturelle adoptée par les Pays-Bas en 2021, qui reconnaît les injustices liées aux acquisitions réalisées en contexte colonial. Elles représentent à ce jour la plus importante restitution opérée par le gouvernement néerlandais.

Elles renforcent aussi une stratégie culturelle portée par le Nigéria, qui vise à récupérer, valoriser et préserver son patrimoine artistique dispersé. Le pays avait déjà obtenu, ces dernières années, des restitutions d’œuvres majeures en provenance d’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis. D’autres pays d’Afrique de l’Ouest, comme le Bénin ou le Sénégal, sont également engagés dans des démarches similaires.

À Lagos, les autorités nigérianes prévoient d’exposer prochainement les pièces dans une galerie haut de gamme. Mais la question de leur conservation sur le long terme reste posée. Climat, sécurité, infrastructures muséales… les défis sont nombreux pour garantir une préservation durable de ces objets.

« Chaque bronze renferme un fragment de l’histoire de nos ancêtres, de notre patrimoine et de notre humanité commune », a rappelé la ministre Musawa. Ce retour ne vise pas seulement à remplir des vitrines, mais à réactiver une mémoire vivante et partagée. Il marque aussi la volonté croissante des États africains de reprendre possession de leur récit et de leur héritage. La restitution des œuvres n’est plus seulement une demande morale, mais un enjeu culturel, politique et symbolique, inscrit dans le présent et l’avenir du continent.

Eustache AGBOTON ©www.noocultures.info

Restez au courant de nospublications et opportunités.

Abonnez-vous
à la newsletter

Commentaires

Commentaire

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *