Cinéma : Timimoun inaugure son Festival international du court-métrage

Avec le Sénégal comme pays invité d’honneur. Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – Du 18 au 23 novembre, Timimoun, la perle rouge du Gourara, devient le théâtre d’un événement culturel majeur. Pour la première fois, cette ville-oasis du Sud algérien accueille un Festival international du court-métrage, une initiative sans précédent qui fait du désert une scène cinématographique à part entière.

Ce festival s’inscrit dans une dynamique plus large de développement culturel de la région. Il s’articule notamment autour du projet de réhabilitation du fort de Tinerkouk et de sa transformation en cité cinématographique, lancée en 2022. Situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Timimoun, ce site historique est appelé à devenir un véritable pôle de production et de formation aux métiers du cinéma saharien, posant ainsi les fondations d’un ancrage culturel durable.

L’ambition est claire : faire de ce rendez-vous annuel un lieu de célébration du patrimoine local tout en accompagnant l’émergence de jeunes talents du continent. Au programme : projections, masterclasses, ateliers et rencontres professionnelles pour favoriser les coproductions, stimuler la circulation des œuvres africaines et tisser des réseaux entre créateurs, producteurs et institutions.

Une sélection riche et diversifiée

Cette première édition, présidée par le cinéaste congolais Dieudo Hamadi (jury fiction), Mounes Khammar (compétition nationale) et Tahri-El, d’Égypte (jury documentaire) réunit 47 films : 19 fictions, 13 documentaires et 15 productions algériennes. Un panorama qui reflète la vitalité d’un cinéma africain en pleine évolution, oscillant entre réalisme social et lyrisme poétique.

Le Grand Prix Gourara d’Or distinguera le meilleur court-métrage, tandis que d’autres prix récompenseront la meilleure réalisation, le meilleur scénario et la meilleure interprétation.

Le Sénégal, invité d’honneur, sera mis en lumière avec cinq courts-métrages explorant les dynamiques sociales et la mémoire collective. Un hommage à une grande école cinématographique, héritière de Sembène Ousmane et Mati Diop, où se mêlent engagement politique, imaginaire et transmission.

Les projections sénégalaises incluront Repas parfait de Penda Seck, Saxomoon d’Ibrahim Barry, Un air de kora d’Angèle Diabang, Borom Baax de George Dioudji Ndour et Geej amul banxass de Khelifa Ba.

Le festival rendra hommage à plusieurs figures majeures du cinéma panafricain : Daniel Boukman (Martinique), Ahmed Zir, Allal Yahiaoui, Mohamed Chouikh et Yamina Bachir-Chouikh (Algérie), ainsi qu’à Angèle Diabang (Sénégal), réalisatrice et productrice engagée pour une représentation plus authentique des femmes africaines au cinéma.

L’ouverture sera marquée par la projection en avant-première africaine de Boomerang Atomic, le nouveau documentaire de Rachid Bouchareb, qui interroge la mémoire des essais nucléaires et leurs impacts sur les territoires désertiques.

Des espaces de réflexion et de transmission

Au-delà de la compétition, le festival se veut un lieu d’échange et de formation. Les tables rondes aborderont des questions cruciales : politiques publiques du cinéma, diffusion internationale, visibilité des festivals africains, mais aussi les défis techniques et esthétiques du tournage en milieu désertique.

La rencontre Filmer le désert : kit de survie esthétique du DOP réunira des directeurs de la photographie venus d’Égypte, de Tunisie, de Belgique et d’Algérie pour partager leurs expériences. Le colloque Cinéma, Sociétés et Territoires prolongera ces réflexions avec une lecture critique des pratiques visuelles africaines.

Les masterclasses constitueront un temps fort avec des intervenants variés : Fianso (rap et production), Stan et Macaroni (Nollywood) et Delphine Ouattara (actrice et militante burkinabè). La table ronde Représenter l’Afrique : déconstruire les clichés du regard occidental réunira quant à elle, Dieudo Hamadi, Angèle Diabang et Abdenour Zahzah autour des enjeux de représentation et d’autonomie narrative.

Le festival accorde aussi une attention particulière aux plus jeunes avec l’atelier Les principes du cinéma pour enfants, animé par Hakim Traidia, destiné aux 8-16 ans pour les initier au langage de l’image.

La Carte blanche à Abdenour Zahzah mettra en lumière le renouveau du court-métrage algérien avec des œuvres comme Cousines de Lyes Salem, Khouya de Yanis Koussim, Les Pieds sur terre d’Amine Hattou ou Souktou de Khaled Benaissa. Ces films dessinent un portrait sensible d’une jeunesse algérienne plurielle.

Cette première édition du festival international de court métrage de Timimoun porte ainsi la vision ambitieuse de faire du Sahara un territoire d’expression artistique et de coopération sud-sud, tout en valorisant le patrimoine local et les talents émergents. Entre dunes et écrans, ce festival inaugure ce qui pourrait devenir un véritable pôle cinématographique saharien, où le cinéma devient acte de création, de mémoire et de partage.

Leïla ASSAS (Collaboration) www.noocultures.info

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