Bab El West à Tunis : la mélodie des horizons sans frontières

Sur scène, Bab El West déploie une intensité brute, un souffle puissant qui n’a d’égal que l’aisance avec laquelle il navigue entre les genres.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – Premier concert en Tunisie et déjà une empreinte indélébile. Un public conquis, une effervescence à son paroxysme. Le 19 janvier dernier, Bab El West a enflammé la scène du Théâtre des Régions à la Cité de la Culture, lors des Journées Musicales de Carthage (JMC).

Une claque. Une odyssée sonore où les rivages de l’Afrique du Nord croisent les sentiers de la Bretagne. Bab El West, groupe franco-maghrébin orchestre une fusion audacieuse, un pont entre les mondes où chaque note semble taillée dans la roche, sculptée par une eau (Amane), libre et vagabonde, imprégnée de mémoire et de sève vivante. « Amane », leur troisième album, attendu en mars, signifie « eau » en tamazight. Une eau insoumise qui s’infiltre dans chaque note, nourrissant une musique sans frontières. Une traversée sensorielle et une ode á la vie, au vivant. Ne dit -on pas en tamazight «  Amane iman » (l’Eau est la vie) ?

Bab El West livre ici un « disque-manifeste », libre, ouvert, où les textes incisifs résonnent comme des vagues contre les murailles, défiant toutes les frontières, qu’elles soient géographiques ou mentales. Amane est une invitation à se laisser porter, à plonger dans des sonorités profondes et à explorer des paysages musicaux inédits. C’est une expérience immersive qui révèle l’ampleur et la richesse d’un patrimoine en perpétuelle mutation.

Sur scène, Bab El West déploie une intensité brute, un souffle puissant qui n’a d’égal que l’aisance avec laquelle il navigue entre les genres. Un groove tellurique, solaire, une transe organique et envoûtante où l’héritage du rock chaâbi, les percussions gnawa et l’énergie folk s’entrechoquent en un raï-rock « pur jus » qui nous rappelle Youssef Boukella à la grande époque des T34, dans les années 80, ou encore les Issafarne, groupe mythique marocain des seventies.

La musique respire l’air chaud du Haut Atlas, danse sur les rives méditerranéennes et pulse comme un battement tribal. Avec son énergie contagieuse qui irradie chaque accord, Habib Farroukh, originaire d’Aït Ourir, ce village amazigh accroché aux montagnes marocaines, insuffle une âme vagabonde à cette caravane sonore. Il chante comme on trace une route : à la fois ancré dans la terre natale et porté par l’appel du large. À ses côtés, Hamza Bencherif, Clément Vallin et Hafid Saïdi insufflent une énergie vibrante, entre rythmiques percussives et harmonies aériennes. Les cordes effleurées du qanun, incarné magistralement par Nidhal Jaoua, apportent une touche orientale.

Chaque musicien est à la fois un pilier et un passeur d’émotions, trouvant dans ce melting-pot sonore un espace de liberté totale.

L’équilibre entre les instruments, l’alternance entre intensité et douceur, ainsi que la complicité entre les membres du groupe, créent une expérience live immersive et puissante. Bab El West ne se contente pas de fusionner les genres, il leur donne une nouvelle respiration, une structure mouvante, un battement propre qui échappe aux cases établies. Chaque morceau est une invitation à la découverte, un jeu d’échos entre passé et présent, tradition et modernité.

Leïla ASSAS (Algérie), envoyée spéciale à Tunis ©www.noocultures.info

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