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Photographie et critique : regards croisés à Cotonou

www.noocultures.info – Le centre culturel Artisttik Africa à Cotonou a accueilli, le 30 avril dernier, une rencontre inédite entre photographes et critiques d’art. Clôturant le projet « Ecrire sur la photographie », les échanges ont mis en lumière l’importance du dialogue entre image et texte dans la construction d’un regard critique en Afrique francophone.
Dans le cadre du projet « Écrire sur la photographie », l’Association Nord Ouest Cultures et le Réseau des Journalistes Culturels Francophones d’Afrique de l’Ouest (RJCFAO) ont initié une série d’activités visant à professionnaliser les jeunes journalistes culturels dans la critique photographique. Après un atelier du 11 au 18 mars 2025, une table ronde et une exposition ont marqué la fin de cette dynamique. C’était le 30 avril dernier au centre Artisttik Africa à Agla à Cotonou au Bénin.
« L’objectif n’était pas seulement de former à la critique d’art, mais aussi de faire dialoguer les productions critiques avec les œuvres elles-mêmes », a expliqué Eustache AGBOTON, président de Nord Ouest Cultures.
L’exposition « D’eau et de mémoire : Par-delà les regards » présentait ainsi des photographies de lauréats des IXes Jeux de la Francophonie, accompagnées d’extraits de critiques rédigées par les participants. Grâce à des QR codes, les visiteurs pouvaient accéder aux textes complets, une première au Bénin. « Cela permet au public de ne pas seulement voir, mais aussi de lire, d’interroger les œuvres », poursuit Eustache AGBOTON.

Pour Ulvaeus BALOGOUN, coordonnateur du Réseau des Journalistes Culturels Francophones d’Afrique de l’Ouest, cette démarche est essentielle : « Ce projet est un appel à la professionnalisation, mais aussi à la reconnaissance de la critique d’art comme un métier à part entière en Afrique ».
Un projet pour penser l’image autrement
La table ronde, animée entre autres par Ulvaeus BALOGOUN, l’écrivain Florent COUAO-ZOTTI, par ailleurs ancien président de la section béninoise de l’association internationale des critiques d’art, ainsi que les photographes David GNANHA et Didier KPASSASSI de l’association des photographes d’art du Bénin, a permis de croiser les regards sur les enjeux de création, de réception et de diffusion de l’image.
« Il faut créer des passerelles entre les artistes et ceux qui les lisent, qui les interprètent. La critique d’art, c’est aussi une forme d’accompagnement », a insisté Florent COUAO-ZOTTI.
Le projet a été salué par les bénéficiaires venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Togo. « Cette formation a changé ma manière de regarder une photographie. Je ne regarde plus seulement l’esthétique, mais ce que l’image me dit », témoigne Yaya TRAORÉ du Burkina Faso
Au-delà de la restitution, la remise des attestations a symbolisé la reconnaissance du parcours accompli.
Bien que le formateur principal, le Malgache Élie RAMANANKAVANA, ait quitté Cotonou avant cette dernière étape, son empreinte sur le projet est restée forte.

À travers cette initiative, les organisateurs confirment leur volonté de structurer une scène critique solide en Afrique de l’Ouest, capable de dialoguer avec les œuvres tout en les valorisant.
Kadidjatou Gnanki KORA ZAKI (Collaboration), avec La Rédaction ©www.noocultures.info








