ICC : Quand Africalia transforme la créativité en valeur durable

La structuration, elle, reste le chantier central.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – Au Village de l’Innovation du Palais de la Culture d’Abidjan, le programme Afrique Créative occupait une place de choix le 14 avril. Une heure et demie de panel, quatre entrepreneurs venus de Tunisie, du Cameroun, de Côte d’Ivoire et d’Ouganda, et un livret de plaidoyer distribué aux professionnels présents. Le message était clair, les ICC africaines ont moins besoin de reconnaissance que de structuration et d’investissement.

Le panel était co-modéré par Sam Wijnants, gestionnaire du programme Afrique Creative pour Africalia, et Luc Mayitoukou de Zhu Culture au Sénégal. Avant de passer la parole aux entrepreneurs, ils ont posé le cadre. Les ICC représentent plus de 3 % du PIB mondial et plus de 6 % des emplois à l’échelle globale selon l’UNESCO. En Afrique, le potentiel est réel et documenté. Le marché de l’art africain a progressé de 46 % en dix ans. Le marché nigérian du divertissement a crû trois fois plus vite que la moyenne mondiale entre 2022 et 2023. La créativité n’est pas le problème. La structuration, elle, reste le chantier central.

C’est précisément là qu’intervient Afrique Créative. Lancé et financé par l’Agence française de développement (AFD), mis en œuvre par un consortium mené par Africalia avec I&P Ecosystèmes, Zhu Culture, Bayimba Foundation et Tshimologong, le programme a accompagné depuis 2019 trois cohortes d’entrepreneurs issus de onze pays africains. L’accompagnement repose sur quatre piliers : une subvention financière, un appui par des incubateurs locaux, du coaching à la fois business et créatif, et des dispositifs de renforcement comme des masterclasses et des bootcamps. Au MASA, c’est la troisième édition qui arrivait en fin de parcours avec quinze entreprises accompagnées.

Ce que le terrain apprend au programme

Les quatre entrepreneurs présents sur le panel n’étaient pas là pour illustrer un discours. Ils l’ont construit. Mohamed Ben Saïd d’Akacia Productions en Tunisie, Gaëlle Edou de Sartoria Gaecy au Cameroun, Charly Kodjo d’Instant2Vie Studio en Côte d’Ivoire et Felix Byaruhanga de Skyline Media & Management Limited en Ouganda ont chacun apporté une réalité différente.

Gaëlle Edou travaille dans la mode avec un modèle centré sur l’impact social formation de prisonniers et de jeunes mères aux techniques de tissage. Le programme lui a permis de consolider ce modèle économique sans en trahir la vocation. Elle a aussi souligné la valeur de la mixité sectorielle au sein de sa cohorte. Travailler aux côtés d’entrepreneurs du cinéma, du jeu vidéo ou de la musique a ouvert des perspectives qu’un accompagnement sectoriel classique n’aurait pas permis.

Luc Mayitoukou a insisté sur un autre levier souvent sous-estimé : la mobilité. Les bourses accordées dans le cadre du programme ont permis aux entrepreneurs de participer à des rendez-vous comme le MASA, les Récréâtrales ou le FESPACO. Pas seulement pour se montrer, mais pour comprendre d’autres écosystèmes africains, rencontrer des pairs, saisir comment les choses fonctionnent ailleurs sur le continent.

Le livret présenté ce jour-là prolonge cette logique. Intitulé « Quelles perspectives pour l’investissement dans les ICC en Afrique ? », il s’adresse aux investisseurs et aux décideurs politiques. Il documente les mécanismes de financement adaptés aux ICC (subventions, avances remboursables, capital patient, financement mixte) et plaide pour des approches sur mesure selon les filières et les stades de développement des entreprises. La transition de la subvention vers l’investissement privé ne se décrète pas. Elle se prépare, entreprise par entreprise.

Ce que le MASA a permis de vérifier, c’est que ce travail de préparation est possible. Les ICC africaines ne manquent pas de créativité. Elles manquent d’un écosystème qui sache la transformer en valeur durable. Afrique Créative construit cet écosystème, cohorte après cohorte.

Eustache AGBOTON ©www.noocultures.info

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