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MASA 2026 : à Abidjan, l’OIF a mis ses engagements à l’épreuve

www.noocultures.info – Au Palais de la Culture d’Abidjan, l’OIF a occupé deux journées du MASA 2026 avec des formats différents et un même enjeu. Le 14 avril, un panel sur la découvrabilité des contenus culturels francophones. Le 15, une rencontre avec des lauréats des Jeux de la Francophonie. Deux rendez-vous qui ont dit autant sur les ambitions de l’organisation que sur les attentes des acteurs des ICC.
ENVOYÉ SPÉCIAL À ABIDJAN – Huguette Malamba et Diana H. Ramarohetra, toutes deux cadres de la Direction de la langue française dans la diversité des cultures (DLDC) de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ont animé la session du 14 avril, sous la modération du journaliste d’art et Conseil stratégique des ICC, Eustache Agboton.
Pour elles, le problème est simple à poser, moins simple à résoudre. Un contenu culturel francophone peut exister sans jamais être trouvé. La découvrabilité, c’est précisément cette capacité à rendre une œuvre visible en ligne sans que le public ait à la chercher. Derrière cette définition, une réalité plus dure. Les algorithmes des grandes plateformes ne sont pas neutres. Ils favorisent les contenus dominants. La production africaine et francophone en fait les frais.
L’OIF, indiquent elles, intervient sur toute la chaîne. Soutien à la production via le Fonds Image de la Francophonie et des aides à la coproduction. Appui à la diffusion à travers des festivals internationaux et des outils numériques développés sur le continent. Formation des opérateurs aux techniques de référencement sur des plateformes comme Deezer et à l’usage stratégique des réseaux sociaux. Travail avec les États sur les cadres réglementaires pour protéger la diversité culturelle en ligne.
Diana Ramarohetra cite des résultats mesurables. Une hausse de 80 % des vues en un an sur certaines plateformes partenaires comme Festivalscope ou TV5Monde Plus. L’OIF utilise désormais des outils d’évaluation incluant l’intelligence artificielle pour suivre l’évolution de la consommation des contenus. L’enjeu à long terme est générationnel. Si les jeunes en Afrique grandissent exposés uniquement aux recommandations algorithmiques des plateformes dominantes, c’est une bataille culturelle perdue. TikTok est cité comme terrain à investir, pas à subir.
Des appels à projets ouverts ou annoncés pour 2026 ont été présentés lors de la session. Les professionnels des ICC présents ont eu une vue d’ensemble des dispositifs disponibles. Les questions sur leur mise en œuvre concrète ont animé les échanges.
Jeux de la Francophonie, médaillés, et après ?
Le lendemain, 15 avril, les visages ont changé. Flora Paré (chanson, Burkina Faso), Gilbert Agbevide (marionnettes, Togo), Dan Bosembo (conte, RDC), Carmelita Siwa (danse, Bénin), Yaya Sanou (danse, Burkina Faso) et Yacouba Magassouba (marionnettes, Mali), tous lauréats des Jeux de la Francophonie, ont pris la parole tour à tour lors d’une séance avec Huguette Malamba. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les expériences ne se ressemblent pas, après leur sacre. Certains ont bénéficié de formations, de mise en réseau, de financements. D’autres ont attendu longtemps un accompagnement qui n’est pas venu malgré leurs relances.
Huguette Malamba a mis les chiffres sur la table. Plus de 80 % des lauréats des Jeux de Kinshasa 2023 ont déjà bénéficié d’un accompagnement de l’OIF. Elle a aussi rappelé que l’édition 2023 a été marquée par une redéfinition des priorités institutionnelles. Le contexte explique une partie des inégalités. Il ne les efface pas.
Abdon Fortuné Koumbha a apporté une autre perspective. Membre du jury des 9es Jeux, il a lui-même été médaillé en conte aux 4es Jeux à Ottawa en 2001. À cette époque, l’accompagnement post-Jeux n’existait pas. Il a construit sa carrière en faisant du titre un levier. Son parcours dit quelque chose d’essentiel sur ce que les Jeux peuvent être quand l’artiste décide d’en prendre la mesure.
Être lauréat de la Francophonie confère un statut. Ce que chacun en fait dépend aussi bien des outils disponibles que de la capacité à s’en saisir. L’OIF semble l’avoir compris. Le vrai test sera dans le suivi des prochaines éditions.
Leïla ASSAS, à Abidjan ©www.noocultures.info








