« Katanga, la danse des scorpions » de Dani Kouyaté : le poids de la couronne

Quête de pouvoir, culpabilité, confiance et trahison sont au cœur de ce film inspiré de « Macbeth » de Shakespeare.Partager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – Dani Kouyaté, réalisateur burkinabè revient sur la scène avec un long métrage fiction « Katanga, la danse des scorpions ». Quête de pouvoir, culpabilité, confiance et trahison sont au cœur de ce film inspiré de « Macbeth » de Shakespeare. Il vient de remporter l’Etalon d’or de Yennenga au FESPACO 2025. 

Dès les premières images, « Katanga, la danse des scorpions » impose son atmosphère avec un choix esthétique audacieux : le noir et blanc. Ce contraste confère au film une dimension intemporelle et universelle, qui traduit la lutte intérieure du protagoniste et fait ressortir le côté fable du film. Dani Kouyaté parvient ainsi à transposer une tragédie classique dans un contexte africain, sans perdre de vue l’universalité du propos. Le réalisateur n’en est pas à sa première et est connu pour ces adaptations d’histoires et de contes ancrés dans la tradition africaine tel que « Sya, le rêve du python » (2002). 

L’histoire se déroule dans le royaume imaginaire de Ganzurgu, où Katanga, un fidèle chef militaire, encouragé par sa femme Pougnéré, assassine son cousin, le roi Pazouknaam, après avoir eu vent d’une prophétie. La tension dramatique est savamment entretenue tout au long du récit, alors que le héros sombre progressivement dans la paranoïa et la violence, il se heurte aux limites de son ambition démesurée.

Avec un casting de choix dirigé par Ildevert Méda qui est aussi acteur, Dani Kouyaté signe une mise en scène soignée, où chaque plan semble pensé et est comme un tableau. Quant à la direction artistique, elle opte pour des costumes et des style vestimentaires de différentes époques. Ainsi on peut voir dans le film bien qu’historique du « Kôkô Dunda » actuel. Aussi Dani Kouyaté, fait le choix de garder le décor du présent qui aurait pu impacter négativement si le film était en couleur.

Le réalisateur laisse ainsi entendre une cohabitation possible entre les traditions et l’évolution du monde. Ce film fait aussi un clin d’œil à la problématique du genre où la femme souvent reléguée au second plan peut avoir un pouvoir de décision. Ainsi Pougnéré incarné par Hafissata Coulibaly, est une épouse manipulatrice assoiffée de pouvoir, qui, en réalité, prenait les grandes décisions. 

Un regard critique sur la quête du pouvoir

À travers « Katanga, la danse des scorpions », Dani Kouyaté interroge les dérives du pouvoir et la manière dont l’ambition peut mener à la destruction. En transposant Macbeth dans un contexte africain, il rappelle que cette quête obsessionnelle du pouvoir transcende les époques et les cultures. Le film s’inscrit donc dans une démarche à la fois artistique et politique, renvoyant aux tensions sociopolitiques qui traversent de nombreuses nations africaines.

En filigrane, il pose la question de la légitimité et de la responsabilité des dirigeants face à leurs peuples. Une œuvre audacieuse, portée par une habile esthétique et une volonté de revisiter un classique sous un prisme africain. Bien que certains choix de mise en scène et de décor atténuent parfois son impact, ce film reste une contribution importante au cinéma africain contemporain.

Yaya TRAORE (Collaboration) ©www.noocultures.info

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