​ »Dialogue du Court » : L’image comme espace de résistance et de mémoire

La sélection a révélé une cohérence thématique fortePartager : Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre) WhatsApp Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre) LinkedIn J’aime ça :J’aime chargement…

www.noocultures.info – La soirée du mardi 24 mars 2026 a marqué un tournant dans la programmation du WE ART Creative Hub à Lomé. Avec l’initiative « Dialogue du Court », le public de la Maison des Arts et du Social a plongé dans une sélection de cinq œuvres issues d’Algérie, du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et de la RDC.

Le court-métrage n’est pas qu’un simple exercice de style ou un tremplin vers le long ; il est un laboratoire d’urgence. C’est ce qu’a démontré la session expérimentale de l’initiative « Dialogue du Court » du 24 mars 2026 à Lomé, où la projection a laissé place à une médiation profonde. La sélection, composée de quatre fictions et d’un documentaire, a révélé une cohérence thématique forte autour de figures de résistance et de la question de l’ancrage, qu’il soit territorial, identitaire ou social.

Le fil conducteur de cette soirée a sans conteste été la résilience féminine. Qu’il s’agisse de la « résistance douce » de Habiba dans Taezrit (Kaouther Arinas Dernouni, Algérie) pour se réapproprier sa terre dans les Aurès, ou du dévouement de Nabo (Maïrama Komi, Burkina Faso), les films mettent en scène des femmes qui luttent pour préserver une forme de dignité.​

Seule réalisatrice de la sélection présente à Lomé, l’autrice de Nabo a pu prolonger cette immersion par un échange direct avec le public. Elle a notamment partagé les coulisses de ce portrait de femme portant seule le poids d’un foyer déstructuré, renforçant la portée du film par son témoignage sur les réalités sociales de son pays. Cette force s’incarne également dans la figure de Joséphine Rey, gardienne de La Villa Reynette (Evelyne Agli, Bénin). À travers ce documentaire de création, le patrimoine architectural afro-brésilien de Porto-Novo cesse d’être un décor délabré pour devenir le symbole d’une continuité intergénérationnelle face à l’oubli colonial.

Une pluralité d’écritures pour documenter l’immatériel

Au-delà des thématiques, la richesse de ce rendez-vous a résidé dans la diversité des langages cinématographiques. Le public a navigué entre le drame social, le documentaire et le cinéma expérimental. Le film Mawe (Primo Mauridi, RDC) a particulièrement marqué les esprits en transportant l’assistance dans une dimension mythologique où la déesse Nyabhingi s’élève pour guérir la terre des destructions industrielles.​

Cette exigence esthétique, du format cinémascope (2.35) de Parfois le destin (Kossa Lelly Anité Gbouhi, Togo) à la poésie visuelle des paysages volcaniques de Goma, a suscité des débats nourris. Les échanges avec la réalisatrice burkinabè ont permis d’approfondir la question de la responsabilité des cinéastes à documenter l’immatériel et à rester les gardiens d’une mémoire qui refuse de s’éteindre. En clôturant cette session, le WE ART Creative Hub confirme sa mission de transformer la projection en un espace de pensée critique où l’image devient le point de départ d’une réflexion sur le devenir du continent.

La rédaction ©www.noocultures.info

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